With Carla

15,00 

S’attacher à la musique de Carla Bley ne relève jamais de l’anodin – d’autant plus pour une institution telle que l’Orchestre National de Jazz – par le fait que, toute sa vie, cette artiste a pris position contre l’académisme et le conformisme, que ce soit à l’égard de sa production musicale, de la trajectoire de sa carrière ou de sa communication. Côtoyer ses partitions revient donc pour notre grande formation à s’administrer un tel antidote en plus d’une bonne dose de vitamines. Fantasque, atypique, magistrale, souvent drôle, parfois irrévérencieuse, profonde, l’œuvre de Carla Bley suscite en outre un dépassement des…

Date de sortie : 22 mai 2026
ONJ Records 534444 • L’Autre Distribution

Double album live


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Description

S’attacher à la musique de Carla Bley ne relève jamais de l’anodin – d’autant plus pour une institution telle que l’Orchestre National de Jazz – par le fait que, toute sa vie, cette artiste a pris position contre l’académisme et le conformisme, que ce soit à l’égard de sa production musicale, de la trajectoire de sa carrière ou de sa communication. Côtoyer ses partitions revient donc pour notre grande formation à s’administrer un tel antidote en plus d’une bonne dose de vitamines.

Fantasque, atypique, magistrale, souvent drôle, parfois irrévérencieuse, profonde, l’œuvre de Carla Bley suscite en outre un dépassement des antipodes. Non hermétique, jamais putanesque, elle n’en a pas moins développé sa pourriture noble (nécessaire à certains vins parmi les meilleurs) en fréquentant aussi bien les musiques écrites que celles dites « populaires », en conséquence de quoi elle continue de captiver un large public. En fêtant cette immense artiste disparue en 2023, l’ONJ de Sylvaine Hélary empoigne ce flambeau et le porte haut parce qu’il respecte à la fois la lettre et l’esprit de Carla Bley. Au lieu de sages réécritures, les arrangements et les compositions en écho de Rémi Sciuto relèvent en effet de l’extension. Les plages ici présentées s’apparentent ainsi à des augmentations où se manifeste une double présence de la compositrice. Celle du passé, d’abord, par la convocation textuelle de ses compositions, pour le pur plaisir de les (ré)entendre autant que pour saluer l’importance d’une création artistique qui passe les bornes du champ jazzistique. La Carla Bley au présent, ensuite, dont la musique porte en elle une actualité provocatrice ; « provocatrice » au sens de « déclenchement », d’étincelle qui a mis le feu aux poudres à l’imagination/imaginaire de Rémi Sciuto, affirmant toujours plus sa signature jazzique ; mais « provocatrice » aussi comme incitation à l’action, défi pour un dépassement voire une transgression des normes convenues, ceci ne relevant en rien du superficiel. En effet, comme l’a montré Leonard B. Meyer dans son ouvrage Émotion et signification en musique, l’émotion en musique naît d’attentes contrariées, repoussées, déplacées. C’est en bousculant les attentes habituelles attachées à un style, à un genre – soit un art de l’énigme musical – que l’émotion advient, précisément parce que l’auditeur est capable de mesurer la distance entre la norme et le hors norme.

À la double présence de Carla Bley correspond ainsi le plaisir double engendré par cet enregistrement : l’auditeur sait et sent combien la compositrice et le compositeur se jouent des conventions pour mieux les détourner et les placer dans des perspectives neuves, proposant en conséquence une création originale sans équivalent.

Dans un important essai intitulé La Passion musicale, Antoine Hennion avance que l’identité musicale se construit à travers un réseau complexe d’éléments de médiation – d’ordre matériels, techniques, discursifs et sociaux – qui, tous ensemble, contribuent à définir la singularité d’un projet musical. En ce sens, l’identité musicale ne relève pas d’une essence figée mais d’un processus en perpétuelle construction, l’enjeu consistant en la « réussite d’un passage », dans la capacité à créer une cohérence sensible et reconnaissable à partir de multiples médiations hétérogènes. C’est précisément ce passage de relai d’une passion musicale qui constitue ici la grande réussite de la dédicace amoureuse à Carla Bley de cet Orchestre National de Jazz nouveau cru.

Ludovic Florin

******

Engaging with Carla Bley’s music is never trivial – especially for an institution such as the Orchestre National de Jazz – given the fact that through her entire life, the artist took a stand against academicism and conformism, whether pertaining to her musical output, her career trajectory, or her PR. To our large ensemble, engaging with her scores thus equates to taking an antidote as well as a hefty dose of vitamins.

Whimsical, atypical, masterful, often funny, at times irreverent, and profound, Carla Bley’s work also inspires us to transcend opposites. Never abstruse or vulgar, she nonetheless developed her noble rot (necessary to make some of the best wines) by dipping into music both written and so-called « popular, » as a result of which she continues to captivate a wide audience to this day. In celebrating this immense artist who passed away in 2023, the ONJ, helmed by Sylvaine Hélary, takes up the torch and holds it high, for it respects both the spirit and the letter of Carla Bley. Instead of prosaic rewritings, Rémi Sciuto’s arrangements and compositions are in fact extensions. The tracks presented here are hence akin to augmentations in which the composer’s dual presence is manifested. First, that of the past, through the textual evocation of her compositions, for the pure pleasure of hearing them again as much as to salute the importance of an artistic creation that transcends the boundaries of the jazz field. Then there is the Carla Bley of the present, whose music carries a provocative relevance: « Provocative » in the sense of « triggering, » a spark that ignited Rémi Sciuto’s imagination and imaginary, further affirming his jazzy signature; but also « provocative » as a call to action, a challenge to go beyond or even transgress accepted norms, which is in no way superficial. Indeed, as Leonard B. Meyer demonstrated in his book Emotion and Meaning in Music, emotion in music arises from expectations that are thwarted, rejected, or displaced. It is by disrupting the usual expectations attached to a style or genre – in other words, through the art of musical enigma – that emotion occurs, precisely because the listener is able to gauge the distance between the norm and the extraordinary.

As such, Carla Bley’s dual presence translates into the double pleasure generated by this recording: The listener knows and feels to what extent the composer and co-composer defy conventions in order to better subvert them and view them from a new angle, resulting in an original creation without equal.

In an important essay entitled The Passion for Music, Antoine Hennion argues that musical identity is constructed through a complex network of mediating elements – material, technical, discursive, and social in nature – which, all together, contribute to defining the uniqueness of a musical project. In that sense, musical identity is not a fixed essence but a process in perpetual construction, the challenge being to « successfully go through a section, » by creating a coherent and recognizable whole from multiple heterogeneous mediations. It is precisely in the way it passes the baton of a musical passion that lies the great success of this loving dedication to Carla Bley by this new iteration of the Orchestre National de Jazz.

Ludovic Florin

Informations complémentaires

Poids 0,095 kg
Dimensions 26 × 1 × 22 cm

Tracklist

  • CD 1
  • 01. Musique Mecanique
    (Carla Bley)
    11:08
    playstop
  • 02. Préludvi
    (Rémi Sciuto)
    6:41
  • 03. Útviklingssang
    (Carla Bley)
    7:24
    playstop
  • 04.Ups And Downs
    (Carla Bley)
    7:04
  • 05. …And Ups Again
    (Rémi Sciuto)
    7:12
  • 06. In India
    (Carla Bley – Paul Haines)
    7:59
  • CD 2
  • 01. Wrong Key Donkey
    (Carla Bley)
    9:13
  • 02. Hypothèses…
    (Rémi Sciuto)
    4:48
    playstop
  • 03. Exaltation
    (Carl Ruggles)
    2:37
  • 04. Religious Experience
    (Carla Bley)
    7:12
  • 05. Major
    (Carla Bley)
    4:46
  • 06. End of Vienna
    (Carla Bley)
    9:01

SYLVAINE HÉLARY flûte
RÉMI SCIUTO saxophones alto et baryton, clarinette, scie musicale
LÉA CIECHELSKI saxophone alto, flûte
HUGUES MAYOT saxophone ténor, clarinette basse
SYLVAIN BARDIAU trompette
QUENTIN GHOMARI trompette, bugle
JESSICA SIMON trombone
MATHILDE FÈVRE cor
FANNY METEIR tuba
ANNE LE PAPE violon
LAURE FRANZ violon
GUILLAUME ROY alto
JULIETTE SERRAD violoncelle, voix
ANTONIN RAYON piano, orgue Hammond
ILLYA AMAR vibraphone, percussions
SÉBASTIEN BOISSEAU contrebasse
MATHIAS ALLAMANE contrebasse (sur 02 et 03 – CD1)
FRANCK VAILLANT batterie

Arrangements RÉMI SCIUTO
Excepté 06 – CD1 SYLVAINE HÉLARY, 03 – CD2 CARLA BLEY
Direction artistique SYLVAINE HÉLARY

Enregistré par Erwan Boulay, Guillaume Jay, Paul Boulier et Manon Fayard
le 22 novembre 2025 au Théâtre de Cornouaille, scène nationale de Quimper,
exceptés 02 et 03 – CD1 le 27 septembre 2025 à l’Auditorium de l’Opéra de Dijon.
Mixé les 7 et 8 janvier 2026 par Erwan Boulay au Studio Sextan, Malakoff,
et masterisé le 26 février 2026 par Simon Lancelot au Studios Ferber, Paris.

Description

S’attacher à la musique de Carla Bley ne relève jamais de l’anodin – d’autant plus pour une institution telle que l’Orchestre National de Jazz – par le fait que, toute sa vie, cette artiste a pris position contre l’académisme et le conformisme, que ce soit à l’égard de sa production musicale, de la trajectoire de sa carrière ou de sa communication. Côtoyer ses partitions revient donc pour notre grande formation à s’administrer un tel antidote en plus d’une bonne dose de vitamines.

Fantasque, atypique, magistrale, souvent drôle, parfois irrévérencieuse, profonde, l’œuvre de Carla Bley suscite en outre un dépassement des antipodes. Non hermétique, jamais putanesque, elle n’en a pas moins développé sa pourriture noble (nécessaire à certains vins parmi les meilleurs) en fréquentant aussi bien les musiques écrites que celles dites « populaires », en conséquence de quoi elle continue de captiver un large public. En fêtant cette immense artiste disparue en 2023, l’ONJ de Sylvaine Hélary empoigne ce flambeau et le porte haut parce qu’il respecte à la fois la lettre et l’esprit de Carla Bley. Au lieu de sages réécritures, les arrangements et les compositions en écho de Rémi Sciuto relèvent en effet de l’extension. Les plages ici présentées s’apparentent ainsi à des augmentations où se manifeste une double présence de la compositrice. Celle du passé, d’abord, par la convocation textuelle de ses compositions, pour le pur plaisir de les (ré)entendre autant que pour saluer l’importance d’une création artistique qui passe les bornes du champ jazzistique. La Carla Bley au présent, ensuite, dont la musique porte en elle une actualité provocatrice ; « provocatrice » au sens de « déclenchement », d’étincelle qui a mis le feu aux poudres à l’imagination/imaginaire de Rémi Sciuto, affirmant toujours plus sa signature jazzique ; mais « provocatrice » aussi comme incitation à l’action, défi pour un dépassement voire une transgression des normes convenues, ceci ne relevant en rien du superficiel. En effet, comme l’a montré Leonard B. Meyer dans son ouvrage Émotion et signification en musique, l’émotion en musique naît d’attentes contrariées, repoussées, déplacées. C’est en bousculant les attentes habituelles attachées à un style, à un genre – soit un art de l’énigme musical – que l’émotion advient, précisément parce que l’auditeur est capable de mesurer la distance entre la norme et le hors norme.

À la double présence de Carla Bley correspond ainsi le plaisir double engendré par cet enregistrement : l’auditeur sait et sent combien la compositrice et le compositeur se jouent des conventions pour mieux les détourner et les placer dans des perspectives neuves, proposant en conséquence une création originale sans équivalent.

Dans un important essai intitulé La Passion musicale, Antoine Hennion avance que l’identité musicale se construit à travers un réseau complexe d’éléments de médiation – d’ordre matériels, techniques, discursifs et sociaux – qui, tous ensemble, contribuent à définir la singularité d’un projet musical. En ce sens, l’identité musicale ne relève pas d’une essence figée mais d’un processus en perpétuelle construction, l’enjeu consistant en la « réussite d’un passage », dans la capacité à créer une cohérence sensible et reconnaissable à partir de multiples médiations hétérogènes. C’est précisément ce passage de relai d’une passion musicale qui constitue ici la grande réussite de la dédicace amoureuse à Carla Bley de cet Orchestre National de Jazz nouveau cru.

Ludovic Florin

******

Engaging with Carla Bley’s music is never trivial – especially for an institution such as the Orchestre National de Jazz – given the fact that through her entire life, the artist took a stand against academicism and conformism, whether pertaining to her musical output, her career trajectory, or her PR. To our large ensemble, engaging with her scores thus equates to taking an antidote as well as a hefty dose of vitamins.

Whimsical, atypical, masterful, often funny, at times irreverent, and profound, Carla Bley’s work also inspires us to transcend opposites. Never abstruse or vulgar, she nonetheless developed her noble rot (necessary to make some of the best wines) by dipping into music both written and so-called « popular, » as a result of which she continues to captivate a wide audience to this day. In celebrating this immense artist who passed away in 2023, the ONJ, helmed by Sylvaine Hélary, takes up the torch and holds it high, for it respects both the spirit and the letter of Carla Bley. Instead of prosaic rewritings, Rémi Sciuto’s arrangements and compositions are in fact extensions. The tracks presented here are hence akin to augmentations in which the composer’s dual presence is manifested. First, that of the past, through the textual evocation of her compositions, for the pure pleasure of hearing them again as much as to salute the importance of an artistic creation that transcends the boundaries of the jazz field. Then there is the Carla Bley of the present, whose music carries a provocative relevance: « Provocative » in the sense of « triggering, » a spark that ignited Rémi Sciuto’s imagination and imaginary, further affirming his jazzy signature; but also « provocative » as a call to action, a challenge to go beyond or even transgress accepted norms, which is in no way superficial. Indeed, as Leonard B. Meyer demonstrated in his book Emotion and Meaning in Music, emotion in music arises from expectations that are thwarted, rejected, or displaced. It is by disrupting the usual expectations attached to a style or genre – in other words, through the art of musical enigma – that emotion occurs, precisely because the listener is able to gauge the distance between the norm and the extraordinary.

As such, Carla Bley’s dual presence translates into the double pleasure generated by this recording: The listener knows and feels to what extent the composer and co-composer defy conventions in order to better subvert them and view them from a new angle, resulting in an original creation without equal.

In an important essay entitled The Passion for Music, Antoine Hennion argues that musical identity is constructed through a complex network of mediating elements – material, technical, discursive, and social in nature – which, all together, contribute to defining the uniqueness of a musical project. In that sense, musical identity is not a fixed essence but a process in perpetual construction, the challenge being to « successfully go through a section, » by creating a coherent and recognizable whole from multiple heterogeneous mediations. It is precisely in the way it passes the baton of a musical passion that lies the great success of this loving dedication to Carla Bley by this new iteration of the Orchestre National de Jazz.

Ludovic Florin

Informations complémentaires

Poids 0,095 kg
Dimensions 26 × 1 × 22 cm
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